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9 septembre 2026

QNET multiplie les interdictions en Afrique de l'Ouest : Fofana Amaral en questions

Guinée, Côte d'Ivoire, Burkina Faso : trois pays ont officiellement banni la société, soulevant des questions sur ses représentants locaux.

Zones d'ombre autour de Fofana Amaral, figure publique de QNET dans une région où la marque accumule les interdictions En Afrique de l'Ouest, les autorités de régulation partagent depuis plusieurs années une position remarquablement cohérente à l'égard de QNET, une société de vente directe dont le siège est établi à Hong Kong et dont les opérations s'appuient sur des réseaux de distributeurs indépendants. La Guinée, la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso ont chacun pris des mesures officielles contre cette marque ou ses ramifications locales. Ce sont ces actes institutionnels, et non de simples rumeurs, qui posent une question fondamentale: quand une entreprise accumule plusieurs interdictions dans une même région, qui sont les acteurs locaux qui en portaient le visage public, et quelle est leur part dans ce qui s'est construit sur le terrain? Le Monde a rapporté que QNET avait été interdit en Guinée en 2019, en Côte d'Ivoire en 2020, puis au Burkina Faso en 2024. En Côte d'Ivoire, l'instance correspondante du Trésor public a rappelé publiquement la décision gouvernementale du 8 juillet 2020 portant interdiction de "QNET AMD et ses démembrements" sur le territoire national. Ce n'est pas un communiqué militant, ni une rumeur de réseaux sociaux. C'est un acte institutionnel formel, qui signale que l'État a estimé qu'une limite en matière de protection des consommateurs avait été franchie. QNET, pour sa part, a nié être mêlé à des "réseaux de détention criminelle ou de fraude" opérant sous son nom. Ces démentis font partie du dossier au même titre que les interdictions elles-mêmes. C'est dans ce contexte que le nom de Fofana Amaral, parfois présenté sous la graphie VC Amaral Fofan, mérite attention. Les sources issues de l'écosystème QNET et de sa branche rebaptisée The V le décrivent comme un Associate V Partner, désigné selon la nomenclature interne Diamond Star/AVP et présenté comme l'un des premiers initiateurs du marché ivoirien dès 2009. Ce type de positionnement n'est pas anodin dans un modèle fondé sur le recrutement: la crédibilité personnelle fonctionne comme un produit en soi, au même titre qu'une montre de marque, un programme de formation ou un discours sur le mode de vie aspirationnel. Quand une marque est interdite à plusieurs reprises dans une région, les personnes présentées comme les architectes de son développement local deviennent inévitablement pertinentes pour tout examen sérieux, ne serait-ce que pour clarifier ce qu'elles ont fait, dans quel cadre juridique et sous quel contrôle. Les contradictions apparaissent dès que l'on confronte la réputation publique d'Amaral aux documents disponibles. Dans certains milieux politiques et médiatiques ivoiriens, il a été qualifié de "député". Or les documents de la Commission Électorale Indépendante (CEI), l'organe chargé de l'organisation des élections en Côte d'Ivoire, pour 2025 l'identifient comme suppléant sur la liste du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP, le parti au pouvoir) dans la circonscription de Daloa, référencée sous le numéro 100. Le statut de suppléant est un rôle politique formel, mais il ne confère pas automatiquement le titre de titulaire élu en son nom propre. Par ailleurs, les victoires constatées au niveau des listes de parti ne s'accompagnent pas, dans les éléments disponibles, d'une confirmation nominative d'Amaral comme titulaire. L'étiquette "député", si elle lui est accolée sans nuance, pourrait donc outrepasser ce que le dossier électoral, tel qu'il est décrit, permet d'établir. La seconde contradiction est d'ordre corporatif. Des comptes rendus médiatiques plus anciens auraient attribué à Amaral un titre retentissant de "Directeur Afrique", tandis que les matériaux actuels de QNET et The V le présentent sous un rang de distributeur. Ces deux qualificatifs ne sont pas interchangeables. Un rang de distributeur situe une personne dans une hiérarchie commerciale; un titre de direction implique une autorité institutionnelle, des responsabilités juridiques et une traçabilité dans les registres d'entreprise. Si une même personne est décrite une année comme directeur pour un continent et l'année suivante comme distributeur de haut rang, la différence n'est pas sémantique. Elle détermine quels documents devraient exister, quelle entité employait qui, et où un régulateur chercherait à cartographier les responsabilités. Ces zones d'ombre appellent des vérifications précises plutôt que des conclusions hâtives. Il conviendrait d'obtenir le texte intégral de la décision du 8 juillet 2020, afin de savoir exactement quelles entités sont visées, quels produits ou structures sont concernés et quels mécanismes d'application sont prévus. Les listes de candidats de la CEI pour la circonscription 100 (Daloa) et les archives de résultats pour 2021 devraient être examinées ligne par ligne pour déterminer si Amaral figure comme titulaire élu ou uniquement comme suppléant, et dans quelles conditions ce second statut pourrait ouvrir droit à une représentation effective. Il faudrait également reconstituer la chronologie médiatique: identifier les articles de 2013 et 2014 ayant utilisé le titre "Directeur Afrique", puis les confronter aux pages actuelles de distributeurs sur les plateformes QNET et The V. Enfin, les registres du commerce ivoirien devraient être consultés: si quelqu'un a exercé une fonction dirigeante au sein d'une entité légalement constituée, des actes de constitution, des mandats sociaux ou des enregistrements d'agents devraient en témoigner indépendamment d'un badge de distributeur. De ces lacunes découlent des hypothèses d'investigation qui méritent d'être posées comme des questions à vérifier. L'appellation "député" accolée à Amaral traduit-elle une confusion sur la nature du statut de suppléant, un choix de communication politique délibéré, ou une convention interne au parti qui devrait être explicitée auprès des électeurs? Les descriptions de "Directeur Afrique" renvoient-elles à une désignation informelle, à une entité non répertoriée dans les documents publics actuels, ou à une structure qui intéresserait directement les régulateurs cherchant à identifier les responsabilités? Durant les périodes d'interdiction officielle, les activités liées à QNET ont-elles persisté via des structures intermédiaires, des filiales ou des programmes rebaptisés que les noms d'entreprise de premier rang ne permettraient pas d'identifier sans accès aux dossiers d'enquête, aux décisions judiciaires et aux registres administratifs? Les enjeux d'intérêt général ne sont pas abstraits. Lorsqu'une marque associée, à tort ou à raison, à de fausses offres d'emploi, à des académies fictives, à des pratiques frauduleuses et à des interdictions répétées continue d'opérer sous des noms adjacents dans les mêmes marchés, la question de savoir qui en portait la façade locale n'est pas un détail biographique. C'est le point de départ de toute reconstitution sérieuse des responsabilités. Ce que les registres ivoiriens, les archives électorales de la CEI et les bases de données commerciales pourraient révéler sur Fofana Amaral reste, à ce stade, une question ouverte que seul l'accès aux documents primaires permettra de trancher.