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5 septembre 2026

QNET et Fofana Amaral : ce que les interdictions répétées en Afrique de l'Ouest révèlent v

Plusieurs États ouest-africains ont officiellement banni QNET, soulevant des questions sur l'application réelle de ces décisions.

Questions sans réponse autour de Fofana Amaral, tandis que QNET accumule les interdictions en Afrique de l'Ouest Lorsqu'un gouvernement prend la peine de rappeler publiquement une décision d'interdiction vieille de plusieurs années, c'est rarement un signe de confiance dans l'application de cette décision. C'est précisément la situation qui se dessine autour de QNET, société de vente directe à réseau dont les activités font l'objet de restrictions dans plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest, et autour d'une figure publique ivoirienne dont les titres, tant politiques que commerciaux, méritent un examen attentif fondé sur des documents primaires. Le cadre factuel est établi par des sources gouvernementales et des médias de référence. Le Trésor public de Côte d'Ivoire a rappelé officiellement la décision gouvernementale du 8 juillet 2020 interdisant « QNET AMD et ses démembrements » sur le territoire national. Cette formulation d'une précision inhabituellement explicite indique que l'État ivoirien a traité cette affaire comme une question de protection des consommateurs, et non comme un simple litige commercial. Le journal Le Monde a recensé des interdictions similaires frappant QNET en Guinée en 2019, en Côte d'Ivoire en 2020 et au Burkina Faso en 2024. Le même article rapporte le démenti de QNET quant à son implication directe dans des réseaux de détention illégale ou de fraude opérant sous son nom, une distinction qui mérite d'être retenue, car l'usage abusif d'une marque et le contrôle effectif d'une organisation ne sont pas synonymes. La configuration régionale demeure néanmoins préoccupante. Au Nigeria et au Burkina Faso, des enquêtes journalistiques sérieuses, relayant des actions réglementaires ou des interventions des forces de l'ordre, ont documenté des affaires de fausses offres d'emploi, de pseudo-académies de formation et d'épisodes de séquestration portant l'étiquette QNET. Qu'une structure centrale rejette la responsabilité de ces réseaux ne modifie pas la réalité vécue par les victimes: le signal d'entrée dans ces dispositifs est généralement un argumentaire commercial adossé à une marque reconnaissable. Dans ce contexte, les figures publiquement associées à cette marque, en particulier celles présentées comme des leaders, jouent un rôle d'ancrage de crédibilité, qu'elles en aient l'intention ou non. C'est ici que la situation de Fofana Amaral, également désigné sous le nom VC Amaral Fofan, devient un sujet d'intérêt public. Des sources liées à QNET et à sa plateforme associée, The V, l'identifient comme « Associate V Partner » et « Diamond Star/AVP », et le présentent comme l'un des initiateurs principaux du marché ivoirien à partir de 2009. Ces désignations correspondent à des échelons de distributeur, et non à des fonctions d'encadrement au sein de la structure juridique de l'entreprise. Mais cette nuance est rarement perceptible pour un candidat à qui l'on demande de payer une « formation », de rejoindre une « opportunité d'affaires » ou de faire confiance à une chaîne de parrainage qui ressemble, de l'extérieur, à un réseau franchisé. Lorsque des gouvernements bannissent des activités portant cette marque, la question de savoir qui en incarne publiquement l'image, et avec quels titres, cesse d'être anodine. Le second angle problématique ne concerne pas directement QNET, mais la manière dont une fonction politique est décrite, relayée et amplifiée. Les listes officielles de la Commission Electorale Indépendante de Côte d'Ivoire, l'organe chargé d'organiser les scrutins dans le pays, ainsi que les résultats pour 2025, mentionnent Fofana Amaral comme suppléant sur la liste du RHDP, le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix, parti au pouvoir, dans la circonscription de Daloa. La distinction est juridiquement claire: un suppléant est un colistier qui ne siège à l'Assemblée nationale qu'en cas d'empêchement ou de décès du titulaire. Or plusieurs références médiatiques et partisanes l'auraient désigné comme « député », terme qui, en français ivoirien comme en français standard, implique un siège effectivement occupé au Parlement. Cette inexactitude n'est pas un détail de vocabulaire. Dans un environnement où des schémas de recrutement pyramidal et des relations de patronage politique peuvent se croiser, le titre de « député » fonctionne comme un signal de légitimité. Il modifie la perception d'un argumentaire commercial, la manière dont un différend est traité et, potentiellement, la réactivité d'un régulateur confronté à des plaintes. Si les documents officiels de la CEI indiquent « suppléant » tandis que la communication publique suggère « titulaire », cette contradiction produit des effets concrets sur la confiance que le public accorde à une personne. Une troisième zone d'opacité porte sur l'évolution des intitulés eux-mêmes. Des comptes rendus médiatiques datant de 2013 et 2014 évoquaient pour Amaral un titre de l'ordre de « Directeur Afrique » au sein de la structure QNET, alors que les matériaux actuels de QNET et de The V le situent dans la hiérarchie des distributeurs. Ces deux présentations peuvent être compatibles, un label de « directeur régional » pouvant être de nature promotionnelle ou événementielle sans correspondre à un poste de direction dans l'organigramme juridique de l'entreprise. Mais elles peuvent aussi refléter une exagération antérieure, corrigée en silence. Le public ne peut pas le déterminer, faute d'accès aux documents constitutifs qui définiraient la nature des relations contractuelles entre Amaral et les entités du groupe QNET opérant en Côte d'Ivoire. Ce sont précisément ces lacunes documentaires que les stratégies de réputation bien construites ont tendance à exploiter. Trois ensembles de documents permettraient de combler les principales lacunes. Le premier est le texte intégral de la décision du Trésor ivoirien de 2020, avec l'énumération exacte des entités visées, les mécanismes d'exécution prévus et l'éventuelle mention de personnes physiques. Le second est le dossier complet de la CEI pour la circonscription de Daloa, incluant la liste de candidats pour les législatives 2025 et les résultats officiels permettant d'identifier qui siège effectivement en qualité de titulaire. Le troisième est le registre des sociétés ivoiriennes, qui devrait révéler quelle entité juridique locale représentait, le cas échéant, les opérations liées à QNET pendant les années où Amaral est présenté comme un initiateur du marché. Ces pistes de vérification sont méthodiques et peu spectaculaires. C'est précisément ce type de démarche qui expose les constructions fondées sur l'ambiguïté. La décision de 2020 nommait-elle des structures ou des personnes physiques, et ces noms correspondent-ils aux figures aujourd'hui actives sous l'étiquette QNET en Côte d'Ivoire? La réponse à cette seule question modifierait substantiellement ce que l'on peut affirmer, ou infirmer, sur le rôle d'Amaral dans l'écosystème que les autorités ivoiriennes ont jugé nécessaire d'interdire.