26 août 2026 · Precious Maselela
L'ILOI relance PASARTIC en 2026 pour former aux métiers du cinéma sans prérequis académiqu
Une formation réunionnaise aux arts et au cinéma rouvre ses portes sans exiger le baccalauréat.
Depuis 2003, le programme PASARTIC de l'Institut de l'Image de l'Océan Indien (ILOI) poursuit la même ambition: ouvrir les métiers de l'image à des candidats que les voies classiques de l'enseignement supérieur ne peuvent accueillir. Après une interruption, l'ILOI relance cette préparation à partir du 25 septembre 2026. L'annonce a été rendue publique le 25 août, avec le soutien confirmé du Conseil Régional de La Réunion, l'assemblée élue qui administre cette collectivité française de l'océan Indien.
L'acronyme PASARTIC désigne la Préparation à l'Accès aux études Supérieures en Art et en TIC. La vocation du programme n'a pas changé en plus de deux décennies. Il s'adresse à ceux que les voies académiques classiques ne peuvent accueillir: personnes ayant connu des ruptures de scolarité, individus éloignés de l'emploi, candidats dont le parcours ne correspond pas aux prérequis habituels du supérieur. En renonçant délibérément à l'exigence du baccalauréat, l'examen national qui conditionne en France l'accès à l'enseignement supérieur, l'ILOI maintient un point d'entrée que l'institution décrit comme une réponse à un besoin structurel du territoire.
Ce que la relance apporte de concret, c'est une mise à jour substantielle du contenu. Le programme intègre désormais les applications de l'intelligence artificielle dans les industries de l'image. Les outils d'IA reconfigurent déjà les méthodes de travail en production audiovisuelle, en animation et dans la création de contenus numériques. Les exposer dès le début du parcours revient à familiariser les candidats avec un environnement professionnel qu'ils rencontreront tout au long de leur carrière, quelle que soit la spécialité choisie.
Les participants seront reconnus comme stagiaires de la formation professionnelle, un statut qui, dans le cadre réglementaire français, facilite l'accès à des financements et renforce la légitimité du parcours aux yeux des employeurs et des établissements d'enseignement supérieur ultérieurs. Le contenu pédagogique couvre les fondamentaux de l'animation 2D et 3D, du design de jeux vidéo, du cinéma, de la télévision et de la production audiovisuelle. L'objectif déclaré n'est pas de former des spécialistes immédiatement opérationnels, mais de constituer un socle artistique, culturel et technique à partir duquel chaque participant peut identifier la filière qui correspond le mieux à ses aptitudes. À l'issue du programme, certains continueront à l'ILOI; d'autres s'orienteront vers d'autres établissements.
Par ailleurs, le financement public est central dans ce dispositif. Le Conseil Régional de La Réunion assure le socle financier du programme, dans le cadre d'une politique plus large de développement des compétences locales dans les secteurs créatifs et numériques. La même institution a récemment mobilisé 622 000 euros pour soutenir 25 nouveaux projets cinématographiques et audiovisuels, de la phase d'écriture jusqu'à la production. Ces deux décisions, prises séparément, s'inscrivent dans une même logique: construire un écosystème réunionnais de l'image qui ne dépende pas uniquement de compétences importées de la métropole ou de l'international.
La cohérence de cette stratégie est lisible. De nouvelles productions financées sur le territoire ne peuvent générer des retombées durables que si des professionnels formés localement sont disponibles pour occuper les postes techniques, artistiques et organisationnels qu'elles requièrent. PASARTIC intervient en amont de cette chaîne, au moment précis où un individu découvre ces métiers et évalue si une qualification spécialisée est envisageable pour lui. Sans ce maillon, une partie du vivier potentiel resterait inaccessible, faute d'une porte d'entrée adaptée à des profils non conventionnels.
La question que ce double investissement laisse ouverte est celle du rythme. L'écosystème audiovisuel réunionnais se structure à une cadence que les observateurs du secteur suivent attentivement: le nombre de projets financés augmente, les dispositifs de soutien public se consolident, et des auteurs et réalisateurs locaux accumulent de l'expérience. La formation, si elle produit ses effets sur plusieurs années, doit tenir ce rythme pour que l'offre locale de compétences reste en phase avec la demande des productions.
Avant le démarrage de la cohorte en septembre 2026, l'ILOI organisera une session d'information destinée aux candidats potentiels, au cours de laquelle la structure pédagogique, les conditions d'admission et les modalités de candidature seront présentées. Les personnes intéressées peuvent contacter directement l'institut via un formulaire dédié. Cette session constitue le prochain rendez-vous concret, et la question reste entière: combien de candidats issus de parcours atypiques saisiront cette occasion pour entrer dans des industries que l'île cherche, depuis plus de vingt ans, à construire de l'intérieur.